PLAPPEVLLE

MERCREDI 3 JANVIER 2017 :

                     Randonneurs, quel goûter! Commencer par parler du goûter pour évoquer la première promenade de l’année fait peu sérieux surtout que Marie-Claire recommandait, dans le salon de Daniel  où tous étaient réunis, de ne pas faire état dans un quelconque écrit de la conversation qui commençait civilement par des compliments sur la galette et les petits gâteaux de Noël, déviait sur la mirabelle et ses usages divers en Lorraine et finissait par les poux et même les morpions que certains des messieurs avaient l’air d’avoir connus. La bonne chaleur après l’humidité du dehors, le réconfort du crémant pétillant, le croustillant de la galette et les allers et retours de la boite alsacienne des petits gâteaux de Noël de Marie-Claire dont on fait semblant de reconnaître les parfums ce qui autorise la main à replonger pour chercher celui que vante le voisin et qu’on n’a pas encore goûté, les sourires heureux, les plaisanteries, l’accueil généreux de notre hôte, tout contribue au bien-être. On ne partirait pas !

                     Il est vrai que nous avons une dizaine de kilomètres dans les jambes sur un terrain varié péri-urbain et forestier avec dénivelé positif de 220 mètres et sous une bruine parfois et une pluie de gouttelettes tombées des branches encore enneigées. Car sur les hauteurs du col de Lessy, arbres et arbustes, troncs couchés et broussailles, vieux murs et restes de forts militaires, sentiers de feuilles pourrissantes et rives pentues d’un ruisseau en cascade, tout est saupoudré d’une neige fine et légère qui, dans les sentiers de descente se pique de points d’eau au sol et goutte sur nos têtes. Bref on se sera bien oxygéné, on aura bien marché et bien ri pour commencer l’année et pour conjurer les menaces d’aujourd’hui et les fantômes d’hier évoqués aux Quatre Tilleuls, où le Moyen Âge brûla des sorcières. Nous sommes partis de la Croix Cueillat dressée au cimetière de Plappeville en expiation pour ces crimes qu’on ne peut dire d’un autre temps puisque le nôtre fait presqu’aussi bien. Sur le chemin du retour, à l’invitation de Guy G., nous nous arrêtons devant la maison d’un homme  de modération, de paix et de culture, messin réformé, ami de Bossuet, Paul Ferry. Je lis sur internet la vie de cet inconnu de moi que je découvre aujourd’hui grâce à cette promenade qui, une fois encore, mêle les deux cultures, celle du corps et celle de l’esprit ce qui me permet de finir plus sérieusement que je n’ai commencé.