VILLECEY SUR MAD

De la boue enfin!, entend-t-on au début de la randonnée, lancé par une farceuse qui aura le loisir de patauger à son aise par la suite dans quelques sentiers forestiers bien détrempés. Mais dans l’ensemble, les dix encapuchonnés que nous sommes, marchons sous une petite brume et sur des sentiers bien confortables au pied, sur un épais et craquant tapis de feuilles rouge et or dans des forêts d’essences variées, de val en val, vallon du Rupt de Mad, vallon de Grand Fontaine… Dans la solitude des forêts qui les enserrent des ruisseaux et des sources invisibles alimentent les étangs romantiques le long desquels nous marchons au début de la promenade. Nous aurons deux belles montées vers les crêtes dont une rude et longue, ainsi me parut-elle, et à la fin du jour et de la randonnée, une belle descente vers le cimetière de Villlecey sur Mad dont nous sommes partis  avec un départ de conversation mélancolique sur la fin de vie sans doute inspirée par la saison et nos expériences diverses. Et voilà qu’un arboretum désigne au promeneur mélancolique des arbres promis à une longue vie, huit cents ans pour certains. Cela laisse rêveur… Ce que j’ai préféré aujourd’hui, plus encore que la beauté automnale et mélancolique des forêts traversées, c’est le retour quand monte peu à peu l’obscurité du sol assombrissant les feuilles à terre, gagnant les sous-bois fauves, la lumière encore sur certaines feuilles devenues presque blanches et dans le ciel tout en haut des vertigineuses cimes.

Ça nous a bien plu !, dit, en secouant sa pèlerine  sous la pluie fine, celui d’entre nous qui aime jouer avec les mots tandis que Daniel, venu aujourd’hui sans femme ni chien retenus à la maison à cause de rhume de saison pour l’une et d’attaque de pitbull pour l’autre, dispose sur le banc mouillé du cimetière le gâteau ardéchois et les boissons diverses.