LE BAMBESCH

MERCREDI 15 JUIN 2016 :

 

La marche d'aujourd'hui sera matinale puisque nous partirons de Marly à huit heures et de Bambiderstroff à neuf heures pour une marche de quinze kilomètres que nous ferons en quatre heures environ. Le temps est entre pluie et grisaille. Le circuit, préparé par Christian et Marie-José, est celui de la vallée du Bambesch. Le paysage est vallonné, varié, toujours très vert, des champs d'orge et de blé en épis verts aux bois de feuillus dont les sentiers sont d'herbes mouillées, des résineux, noirs quand on les pénètre, aux buissons fleuris de fleurs de sureau, des chênes remarquables aux fragiles églantiers. A terre et en bordure des blés, des coquelicots, des orchidées encore dans la lumière tamisée du sous-bois et des fleurs caoutchouteuses sans chlorophylle dont on oublie le nom. Au découvert, de géantes éoliennes tournent paresseusement comme des demoiselles alanguies. Nous, nous marchons vivement, glissant parfois dans les fondrières et, comme les demoiselles, lançant nos bras en balancier pour retrouver un équilibre que la boue et le souci de ne pas écraser les gros escargots ou les limaces orangées menace de perturber. Personne ne souhaitant le bain de boue, nous marchons le nez et les yeux au sol, silencieux ou parlant de tout et même de nos rêves ce qui nous différencie du chien Laos!

 

 

Quand nous arrivons au terme de la marche, la pluie, violente et drue se met à crépiter, à rebondir, à gicler de partout. Un abri nous attend, des villageois, prévenus de notre arrivée, sortent des bancs pour la longue table de bois, une famille vend du café et propose "du chaud" que nous déclinons, un piquenique préparé par nos organisateurs et offert par l'association nous attendant. Des bouteilles apparaissent sur la table, rosé, blanc, rouge, et le repas lui aussi est dans ces couleurs, rouge de tomates, blanc de mozarella, rose des charcuteries et du munster odorant, le brie en reste tout pâle tandis que la couleur revient dans des coupes avec les myrtilles, l'ananas, la framboise et la fraise. On termine par du café et du thé et Guy me dit, tandis que nous quittons l'assemblée qui visitera la ligne Maginot ce que nous ne pouvons faire pour cause de réunion, " J'aime les Lorrains, ils sont gens sans façon et généreux!" englobant dans son appréciation, les randonneurs et les accueillants de l'abri.

 

 

En forme de haïku:

 

La marche:

 

  Trois gouttes de pluie

 trois éclats de soleil

quatre pals d'éolienne au vent.

 

 

Le fort militaire

et le chêne centenaire

  l'un passe l'autre dure.

 

 

 

L'arrêt :

                                                                                                           

  La pluie d'été ruisselle

   sur l'abri où tu trouves

  l'ami le pain le vin.

 

 

 L'eau gicle du toit

 au banc tu t'assieds mangeant

buvant riant songeant...