SCY CHAZELLES

Mercredi 16 Mars 

Aujourd’hui c’était « randonnée sans boue » sur des sentiers dont la variété étonne et dans le vent, un vent glacial  et tonique qui balaie les nuages et remue le haut des arbres.

 

 

On part de la place de l’Esplanade du beau village de Scy-Chazelles où autrefois, chez une amie lycéenne nouvelle bachelière, les très jeunes adultes que nous étions alors chantaient, avec Benoît, ce couplet bête : « à Scy-Chazelles, assis chez elle… ». C’est d’ailleurs sur cette même place, qu’après le goûter aux trois gâteaux offert par Odile et Guy, Jean-Paul, Odile, Jean-Claude et les autres chanteront mezza voce des refrains de Boby la Pointe aux semblables jeux de langage : « Mon père et ses verres. Mon père est mari niais. Dans cette péniche, ma mère dit la paix niche... ».

 

Tout est beau dans ce vieux village de Scy-Chazelles sur les coteaux bien exposés de la rive gauche de la Moselle où autrefois on cultivait la vigne. J‘ai évoqué les sentiers, ceux qui partent du village sont resserrés entre les vieux murs des jardins et vergers puis deviennent plus herbus mais toujours aisés, parfois bordés de pierres à moitié enterrées et à bords aigus. Quand on monte dans les anciennes vignes retournées en taillis puis vers le mont Saint Quentin, point de repère de tous les Messins, ils sont encore bordés de pierres, de murets bas, d’iris en feuilles à cette saison, de vieilles clôtures déglinguées, de murs de pierres sèches. Un de ces murs presqu’au sommet du mont qui mène à la tour hertzienne peut paraître encore défensif bien qu’éventré parfois et vert de mousse. On ne prendra pas une route étroite empierré de pierres rondes ou aiguës dont on se demande si elle ne serait pas le vestige d’une voie romaine, mais de larges sentiers de forêts. Jean-Paul nous dit que les pervenches qui couvrent parfois les pentes sont des témoins d’habitations disparues, on le sollicite beaucoup car il nomme les fleurs printanières, le corydal creux, des ficaires jaunes à moins que ce soit des chélidoines, mais aussi l’ail des ours et l’arum gouet, en feuilles encore, les violettes… Des vignes nouvelles ont été plantées. On franchit le col de Lessy, on descend au Fond de Chaux. Une source avec un bassin d’eau claire cette fois encore… On remonte. Mais nous avons atteint une pointe sur le plan consulté du circuit préparé par Guy et Odile et là se dresse la drôle de construction de pierres sèches en pyramide appelée La Cadole du Gentilhomme et qui ressemble si fort aux constructions du Facteur Cheval, une cabane qui tient par la seule ingéniosité de sa construction avec linteau, triangle de décharge, contreforts…

 

La balade devient urbaine passés la Croix Gilbrin et son oratoire dans son double enclos de pierre, le deuxième en demi-cercle ; et on va de maisons remarquables en maisons remarquées selon l’œil de chacun : celle-ci paraît modeste derrière sa glycine, une haute grille protégeant un petit jardin, celles-là, les maisons patriciennes des riches vignerons de toutes les époques anciennes se haussent dans des parcs enclos de murs, ces autres maisons de ville encore, le long des rues de l’Esplanade, Saint-Nicolas, Saint-Vincent que nous enfilons en admirant leur harmonieux alignement, celles qui ont des tours, celles qui ont des niches, des oculi, des ornements de pierre, celle qui se donne des airs d’auberge et invite le promeneur à déguster ses tartes et puis le beau lavoir en pierre de Jaumont.

 

Et après la visite de l’église Saint Rémi du XI siècle et suivants, c’est le goûter en chansons parce que les boissons chaudes, bienvenues après le vent glacé qui nous a chassés de l’Esplanade, a éclairci les voix.

 

 

 Sans vouloir remplacer Daniel, sous le ciel des vaillants Allobroges mais sans doute avec nous par la pensée, je dirai merci à Odile et Guy pour cette très belle et intéressante randonnée !