CHATEAU DE MONCEL

Aujourd’hui, Jean-Claude nous conduit, Marthe, Jacqueline et moi jusqu’à l’entrée de Jarny où nous retrouvons les autres marcheurs, Daniel et Maryvonne, devant les grilles de l’élégant petit château de Moncel que je découvre et dont j’admire le classicisme à la française même si on me dit qu’il a été très rénové voire transformé en 1902. Rien ne subsiste des souvenirs de son passé aux temps lointains où fossé et pont-levis le défendaient. Aux temps modernes, il fut résidence des Allemands pendant les guerres, l’Empereur Guillaume II y séjourna, puis des personnalités, un maire de Metz, des directeurs d’usine…Aujourd’hui, la ville de Jarny y accueille des manifestations culturelles.

 

 

Le château n’est que notre point de départ. Nous voilà donc partis pour cette balade facile de 8 kms le long du parc du domaine puis en plein champ. Les chemins  balisés sont plutôt larges et aisés, il y a peu de dénivelé, nous sommes peu nombreux et contents de cette balade qui se présente bien, sans vent ni pluie. Nous marchons le long de boqueteaux, de champs en blés d’hiver gorgés d’eau, de vastes pâtures. On voit à distance des fermes isolées ou alors proches mais cachées par des haies en buisson et annoncées par un chien qui aboie. Voici, pas très loin non plus, des villages dont seuls le clocher et les toits serrés sortent de terre. On traversera plus tard le village silencieux de Bruville et on posera pour la photo devant la longue limousine blanche d’un collectionneur. Des chevaux parfois, un chevreuil qui détale au loin et dont on ne voit que le derrière blanc  qui saute en zigzags et disparaît, animent un peu ces solitudes encore hivernales.

 

« Qui disait qu’il n’y aurait pas de boue ? », demande innocemment Marthe car certains sentiers, défoncés par les tracteurs qui ont laissé de profondes ornières, sont gorgés d’eau. On essaie de marcher sur les reliefs mais on glisse parfois dans la glaise. « C’est gras ! ». Maryvonne a le mot juste pour désigner cette riche pâte jaunâtre qui alourdit nos chaussures et qui, quand elle s’allège, gicle sur nos pantalons. Un refrain me vient aux lèvres tandis que nous nous donnons le plaisir enfantin de patauger, « la gadoue, la gadoue, la gadoue ! ». D’ailleurs je ne connais de la chanson que ce refrain tout aussi jouissif que la gadoue elle-même. On évite cependant de glisser dans celle qui jouxte les tas de fumier et dont la riche couleur brune n’est pas très attractive. Plus poétiques sont les touffes d’euphorbe en fleurs à la lisière abritée du bois.

 

Nous voici déjà le long d’un des murs du château, un ruisseau nous accompagne depuis un certain temps, vif et presque dissimulé dans les arbres, il va s’élargir en bassin car nous sommes maintenant dans le parc dont une porte nous a permis l’accès. Nous marchons commodément dans ce beau parc que la ville de Jarny ouvre aux promeneurs. Des bassins, de petits ponts de bois, des ruptures de niveaux qui créent un effet de cascade, des canards en balade eux aussi, puis de vieux arbres parmi lesquels nous croyons découvrir « l’if chauve » dont parle la documentation de notre guide, nous arrêtent un temps. La façade du château a une plaisante vue sur son parc, large pelouse qui descend jusqu’au bassin central et se poursuit au-delà jusqu’à une trouée ménagée dans la forêt.

 

Marie-Claire, malade,  a pourtant fait de la pâtisserie ce matin que Jean-Claude découpe avec efficacité mais on aurait volontiers fait le travail s’il n’en avait pas été capable tellement sont appétissants les trois gâteaux qu’il a dégagés de leur feuille d’aluminium et qui offrent à la vue leurs tranches en spirales et en stries de couleur.