LANDONVILLERS

MERCREDI 3 FEVRIER 2016 :

 

On ne pouvait trouver ce matin temps moins engageant pour notre promenade de l’après-midi ! Je guettais sur la page du site l’annulation attendue. C’était mal connaître Daniel H., notre guide  du jour. La balade fut maintenue envers vents contraires et grêle aux carreaux mais tout se passa comme si notre désir avait pouvoir de déchirer les nuages et de stopper la pluie du matin qui, comme on sait, n’a d’ailleurs jamais beaucoup inquiété le pèlerin.

Passé le plateau lorrain livré à la culture intensive, les voitures descendent vers le pays des Etangs. La région redevient belle avec des haies, des pâtures, des bois. Parfois de belles maisons secrètes se devinent derrière les arbres de leur parc.

Les treize marcheurs bien encapuchonnés se rassemblent sur le parking du village de Landonvillers. La surprise du jour est la jeune Aurelle qui marchera avec nous ce qui fait chuter d’un coup la moyenne d’âge du groupe.

On monte maintenant la colline à laquelle est adossé le village, le long d’un château d’opérette avec tous les détails attendus, tour crénelée, clocheton à bulbe, solide muraille à fenêtres renaissance dans les hauteurs, statues d’archange et blason… Et on entre dans la forêt par un sentier qu’on n’est pas étonné de trouver mi boueux mi herbeux, la pourriture rouge des feuilles douce aux pieds. Doux aussi est le dénivelé promis. La pente est régulière dans cette belle forêt de haute futaie avec des chênes et des hêtres centenaires, creusée parfois d’à-pics qu’on se réjouit d’éviter. On respire bien. On entend parfois la rumeur de l’autoroute ou alors c’est le sifflement du vent qui, dans les descentes, nous atteint en pleine face. On a oublié la menace de la pluie. Quand on renverse la tête, c’est un ciel à grandes trouées bleues qu’on voit et toute cette lumière et cet oxygène respiré largement euphorisent.

On redescend vers la vallée de la Nied Française et le village de Courcelles-Chaussy. La voilà la belle rivière française qui serpente dans les prés gorgés d’eau et les boqueteaux ! Nous la longeons maintenant sur la voie verte, au tracé de l’ancienne voie ferrée qui transportait jadis les voyageurs de Teterchem à Courcelles-sur-Nied en passant par Courcelles-Chaussy et Pange. Le Kaiser Guillaume II fut plusieurs fois du voyage. En 1971, on démonta les rails, le train ne transportait plus depuis longtemps que des marchandises.

Bien fouettés par l’air vif et le vent, bien oxygénés et contents de cette belle et facile balade de douze kilomètres, nous ne pouvions que trouver bons le Rooi Boss chaud, les beignets plats et le gâteau aux noix.