VIONVILLE

Mercredi 02 décembre

La marche de cette après-midi nous conduit, sur le plateau à l’ouest de Metz à la découverte des monuments militaires, derrière Jean-Claude assisté dans la préparation de l’après-midi de Marie-Claire présentement en conversation à l’arrière de notre pacifique petite troupe.

 

Nous partons du village de Vionville et montons légèrement vers le bois de Villiers. Bientôt sur la ligne d’horizon se détachent les silhouettes d’une harde de cervidés dont la distance ralentit le mouvement si bien que le photographe a le temps d’ajuster son objectif. Nous voici face au premier monument à la mémoire des combattants prussiens de la guerre de 1870. Nous verrons plusieurs de ces obélisques dont le sommet à l’aigle impérial  a été décapité après l’annexion. Les noms étrangers des morts tombés ici défilent sur les plaques commémoratives, les symboles, kolbachs, faisceaux, lauriers sont gravés dans la pierre blonde de Jaulny. A terre, des panneaux explicatifs horizontaux, fond bleu et lettres jaunes, disent en plan incliné ce qui s’est joué ici. Comment le 15 août 1870, la charge allemande de von Bredow partie de Vionville, cuirassiers blancs, dragons, uhlans et hussards, se lança sur le vaste plateau, déferlant au galop et se heurtant violemment aux cavaliers de l’armée de Napoléon III planqués derrière le bois de Villiers. On imagine cette « chevauchée de la mort », le carnage dont on dit qu’il laissa, après la bataille, le sol blanc des cuirassiers morts, neige sanglante et râlante, hommes et chevaux agonisant là. Sur huit cents hommes, restèrent debout et retranchés la moitié d’entre eux. On se souvient du Panorama de la bataille de Rezonville par Edouard Detaille vu au musée de Gravelotte et, quand on se met en route vers le village, si on s’arrête pour embrasser des yeux l’horizon, on peut voir le champ de la bataille : Vionville au nord, Rezonville en face, le village de Flavigny, le bois, les champs, le ciel immense, les mêmes que ceux du panorama, les mêmes paysage et ciel que les malheureux soldats virent en s’abattant. La victoire française sera mal exploitée et  Bazaine ouvrira la route de Metz aux envahisseurs.

 

 

Nous traversons le hameau de Flavigny, nous traversons Rezonville et revenons sur Vionville. D’autres imposants monuments encore sur notre chemin, monuments français avec croix latine et gerbe fanée de la Toussaint, monuments allemands non fleuris, pourquoi ?, dont le plus spectaculaire dans son espace sablé entouré de grilles, en forme de cylindre annelé noir et jaune surmonté de guirlandes et d’une croix teutonique…Honneur et gloire ?