HANNONVILLE

MERCREDI 25 NOVEMBRE 2015:

 

Aujourd’hui, notre troupe de randonneurs est réduite, cinq hommes et deux femmes, mais vaillante puisque nous abattons nos onze kilomètres en deux heures quinze, essuyant, de la pluie du départ à la grêle de l’arrivée, les caprices de ce jour changeant.

 

Le ciel est vaste sur le vaste plateau et on ne sait si Daniel C. , comme les autres sous sa cape de pluie, déplore ou admire cette « …morne plaine ». Je suis la moins bien équipée, en anorak court mais je n’aurai pas froid. D’ailleurs le ciel s’éclaircit, des trouées bleues apparaissent vers lesquelles on marche laissant derrière soi les lourds nuages gris et noirs. La terre est gorgée d’eau mais les chemins ne sont pas trop bourbeux. C’est quand il faudra marcher dans les labours que les chaussures se feront lourdes. Les blés d’hiver en herbe,  les pâtures belles comme des pelouses, sont d’un vert intense sous la lumière vive. Des chevaux se découpent en sombre sur la ligne de crête d’une prairie en pente et les voilà qui galopent vers nous avec grâce, tout percherons qu’ils sont, s’ébrouant bruyamment et recevant nos caresses. Daniel H. vient justement de m’apporter un court écrit de 1958 de Michel Simon, Le Cheval et nous évoquons le sort de ces magnifiques animaux, dans la guerre et dans la paix, de Bartabas qui les aime aux soldats d’autrefois qui les montaient et les mangeaient.

 

Mais voici que nous marchons face au soleil dans une lumière aveuglante comme peut être la lumière d’automne quand le soleil est bas et les ombres longues. Les herbes mouillées scintillent…Nous entrons dans une petite forêt silencieuse que nous quittons pour une route départementale tranquille. Nous marchons à la queue leu leu ce qui n’est pas très commode pour continuer une conversation. « C’est le moment de méditer » me crie le premier de la file qui trouve peut-être que je parle trop !

 

 

On a longé sans les traverser des villages que l’on dit beaux, Ville sur Yron par exemple, il faudra revenir pour les visiter. La ville de Briey aligne la géométrie de ses bâtiments sur l’horizon, dont la Cité Radieuse, surgie de la forêt.

 

On revient à notre point de départ devant la jolie mairie-école de Hannonville qui date de ces temps pas si lointains où la République offrait à ses enfants des lieux d’étude de belle facture.

Henri, qui a organisé cette promenade aisée, offre une boisson chaude bienvenue et on mange le goûteux gâteau au chocolat dans la crainte du ciel noir au-dessus de nos têtes qui va s’abattre bientôt en grêle crépitante.