LA MAXE

Mercredi 18 Mars 

 

Nos nouveaux amis promeneurs du mercredi sont parfois absents pour des raisons enviables de voyage ou de villégiature dans quelque chalet alpin ou de Forêt Noire,  cabane au Canada, loge à Broadway,  ou tente dans la pampa argentine ! Guy et moi avons été retenus à la maison pendant plusieurs semaines pour cause triviale de  rhumes hivernaux. Tout ce qu’il y a de banal ! C’est dire si nous nous réjouissons  de les retrouver par cette belle après-midi déjà printanière.

 

Nous partons du village de la Maxe, un village-rue sans grand cachet entre église et centrale électrique  et nous nous engageons par un sentier de « derrière les jardins » accompagnés des aboiements des roquets et autres loulous de ces jardinets préparés pour les prochains semis.

 

Nous marchons d’abord sur un sentier bétonné entre des taillis encore gris de l’hiver, le long de fossés pleins d’eau à moitié envahis par des branches tombées en désordre. Puis voilà des champs inondés, presque des marécages, aux herbes drues et dures. Parfois des trous d’eau sont comblés de plâtras et de débris divers, la végétation retenue encore en bourgeons bien fermes ne cachant pas ces disgrâces de la présence humaine manifestée aussi par les klaxons de nombreux cyclistes, penchés sur leur guidon et indifférents à nos exclamations : « Encore ! ». Enfin, on aperçoit la Moselle et bientôt nous nous séparons, une boucle est prévue pour les bons et vigoureux marcheurs. Marthe, Marie-France, Guy et moi continuerons la marche le long de la Moselle.

 

C’est la plus belle partie de la promenade et nous flânons parfois pour admirer la rive d’en face qui m’apparaît comme une île avec ses eaux retenues en étangs que l’on devine en arrière. Là-bas, les arbres et les façades des maisons sont touchés par le soleil. Nous marchons, sensibles à la fraîcheur de l’eau sur notre côté gauche tandis qu’à droite le soleil chauffe un ruisseau  qui parfois s’immobilise en plaques de lichens verdâtres. Une foulque macroule, noire à tête blanche, s’ébroue sur l’eau. On entend parfois l’appel du pouillot véloce. La rivière tourne majestueusement laissant filer, vers sa ville de Gand (Gent),  la longue péniche bleue et blanche que son lourd chargement abaisse sur les eaux, son nom Icaria semblant promettre un envol.

 

Nous avons tourné avec la rivière et marchons vers le village entre prés et blés d’hiver et sous le vent. Où en sont les autres marcheurs ? Pensent-ils à nous ? « Là, tu positives ! », s’exclame Marie-Françoise dubitative et rieuse, entraînée par la chienne Jipsy.